Projet de canalisation « REM4 »

SOGEA MAROC s’est vu attribuer le projet « REM4 » sur le site du Groupe OCP (Office chérifien des phosphates) à Jorf Lasfar. Il s’agit de la quatrième phase du projet de reprise et distribution d’eau de mer destinée au refroidissement des unités industrielles de l’OCP.

Le projet « REM4 » a nécessité un montant de 330 millions de dirhams. Réalisés en 26 mois, les travaux de ce projet comportent 2 km de conduite âme tôle (ATS) DN 2500, 2,6 km ATS DN 3000, un bassin de stockage de 60 000 m3, ainsi qu’une station de pompage de 61 000 m3/h de débit.

 

Fabrication locale des tuyaux (ATS)… une première au Maroc

Pour répondre au besoin de notre Client OCP, SOGEA MAROC a investi dans la conception et la fabrication des tuyaux à âme tôle Sogea (ATS).

Notre politique de diversification nous a incités à investir dans de nouvelles technologies pour la conception de tuyaux à âme tôle (ATS) propres à SOGEA MAROC. Désormais, nous occupons la place de leader dans ce domaine, nous démarquant ainsi de la concurrence.

AVIS D’EXPERT

Directeur d’exploitation hydraulique,

Said Mahzoun capitalise une expérience de 14 ans
chez SOGEA MAROC et de 7 ans en bureaux d’études.

Quelle est la particularité des tuyaux à âme tôle (ATS) ?

Le tuyau ATS (âme tôle Sogea) est un tuyau qui combine les avantages de l’acier et du béton. Il est à la fois autobuté et robuste. L’assemblage se fait par emboitement et soudure interne. Ainsi, il constitue une conduite monolithique qui s’affranchit des butées et des ancrages et supporte les charges roulantes et les sollicitations intérieures et extérieures.

Outre la réalisation des tuyaux ATS, y a-t-il d’autres nouvelles techniques mises en place pour la réalisation du projet ?

Le premier tronçon de 120 ml avec une pente de plus de 30% était un vrai défi, d’autant plus que l’accès des engins y est impossible. Nos équipes ont imaginé, conçu et réalisé un gabarit métallique sur rail pour descendre les tuyaux et les emboiter un par un,dans le respect des mesures de la qualité et de la sécurité.

En quoi ce projet est-il un challenge ? Quels sont les défis relevés ?

Le projet REM4 est un vrai challenge à plusieurs niveaux :

1. C’est la première fois que nous posons un tuyau à âme en tôle DN 3000, ce qui a nécessité une logistique particulière pour sa conception, sa fabrication, son transport, sa pose en tranchée, sa soudure et sa mise en service.

2. Le fluide transporté étant de l’eau de mer, il fallait choisir des matériaux nobles qui résistent à la corrosion. Nous avons opté pour un béton prise mer (PM) pour les tuyaux et les ouvrages en béton, le bronze-aluminium pour les pompes et des revêtements spéciaux sur les pièces en acier.

3. La station de pompage est également un défi sans pareil. Elle est destinée à alimenter directement, via la même conduite, trois bassins dans un premier temps et trois bassins supplémentaires dans le futur. Ces bassins ayant des dénivelés différentes, la station de pompage doit s’adapter à une infinité de configurations et de scénarii en fonction des débits demandés par chaque bassin. Elle doit être à plage de fonctionnement très large pour répondre au besoin.

Face à ces exigences, tous nos fournisseurs habituels ont décliné notre demande. Il était nécessaire d’aller en Grande-Bretagne pour trouver un fournisseur capable de concevoir et fabriquer, spécialement pour nous, des pompes axiales, alimentées en 10 KV, avec des variateurs de vitesse, des moteurs immergés refroidis à l’eau et résistant à l’eau de mer.

Avez-vous d’autres informations spécifiques à communiquer concernant le projet « REM4 » ?

C’est un projet clé en main en conception-réalisation, qui a vocation à restructurer le transfert d’eau de mer de l’OCP au niveau de Jorf Lasfar. C’est le 4ème projet de reprise d’eau de mer, mais il contient un bassin et une nouvelle distribution de l’eau en amont des 3 premiers projets. Les débits qui y transitent dépassent les 300 000 m3/h.

Ce qui a nécessité une ingénierie de pointe pour cerner tous les phénomènes hydrauliques liés au coup de bélier et les vortex en amont des pompes. Un modèle numérique CFD a été conçu pour simuler les écoulements à différents niveaux des ouvrages.

Le projet contient aussi la télégestion de l’ensemble des installations de l’eau de mer. Toutes les informations sont collectées via des fibres optiques vers une salle de contrôle à partir de laquelle l’exploitant peut ordonner le démarrage ou l’arrêt des pompes et l’ouverture ou la fermeture des vannes de tout le système d’eau de mer de l’OCP à JORF LASFAR.